“Artistes Magazine (Éditions du Grand Palais)” écrit sur la technique de peinture de Kouzmine 
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"Artistes Magazine (Éditions du Grand Palais)" écrit sur la technique de peintures de l'artiste russe Nikolaï Kouzmine.

 

 

Octobre 2012

 

Etape par étape, En matière

 

Nikolaï Kouzmine, huile au couteau
L’onctuosité de l’huile.

 

Photos : Christophe Audebert

 

     

Quand il vient en France, chez sa fille Liouba, le peintre russe Nikolaï Kouzmine aime se rendre aux étangs de Corot, dans la forêt de Fausses-Reposes près de Versailles.

Les reflets sur les eaux calmes de l’étang, les maisons perdues dans la végétation, les délicates fleurs roses des nymphéas flottant à la surface sont pour lui autant de sources d’inspiration. Avant de s’installer et de déplier sa boîte chevalet, il arpente les lieux, réalise des petits croquis au feutre, jusqu’à trouver le point de vue qui lui convient le mieux. « Le fait de marcher permet de réfléchir, d’apprivoiser le paysage. » Nikolaï Kouzmine, très concentré, peint en une seule séance, en s’efforçant de saisir « l’âme du paysage. » Il ne reprendra pas sa toile, même s’il retourne sur les lieux. Il préfère commencer une autre peinture.

« Je veux garder le souvenir d’un instant fugitif. Je peins la vérité du moment. » Selon son inspiration, Nikolaï Kouzmine peint d’une touche légère ou empâtée. Dans ce second cas, il travaille au couteau. Après une première couche très fluide, il pose immédiatement des touches de couleur épaisses. En fin de travail, il revient sur ses tracés pour enrichir ses tonalités, souligner les formes.

Adepte du motif, l’artiste russe Nikolaï Kouzmine peint à l’huile d’une touche généreuse, modelant la matière du tranchant et du plat de ses couteaux.

 

La Petite Maison sur les étangs de Corot.
Huile sur toile, 58 x 58 cm, 2012.

1. Nikolaï Kouzmine nettoie sa toile à l’alcool pour la dégraisser. Il dessine sa composition au fusain, puis atténue ses tracés de nouveau à l’alcool, pour éviter que la poudre de fusain ne salisse ses couleurs. Avec des lavis très dilués de bleu et de vert phtalo, il brosse les masses les plus foncées.

2. Une fois le stade préparatoire terminé, Nikolaï Kouzmine passe au travail au couteau. Il commence par poser les couleurs claires. Le ciel est peint dans des tons rosés, les feuillages des arbres dans des tons gris vert, qu’il obtient en mélangeant les bleus et l’ocre jaune.

3. L’artiste réalise ses mélanges uniquement sur sa palette. Il commence par poser ses touches de manière espacée, laissant la toile visible par endroits. Il limite ainsi la superposition des couches de peinture, qui présente toujours le risque de salir ses couleurs.

4. Les arbres à l’arrière-plan, peints dans un mélange foncé de vert phtalo et de bleu, délimitent les contours de la maison. On retrouve cette teinte dans les reflets sur l’étang. Le peintre travaille d’ordinaire du plat du couteau, et utilise la tranche pour tracer les lignes, comme les troncs des arbres.

5. En phase de finition, Nikolaï Kouzmine pose de plus petites touches en remplissant les zones libres de la toile. Il crée ainsi des dégradés de couleur, des détails (comme les fenêtres de la maison). Il prend garde à ne pas lisser ses tracés, de façon à conserver tous les effets de matière.

Son matériel

Huiles : Blanc de titane, jaune de nickel titane, jaune de cadmium moyen, ocre jaune, rouge de cadmium, rouge vermillon, carmin, ocre rouge, clair violet, bleu de cobalt, bleu phtalo

Médium : Essence de térébenthine, Brosses et pinceaux en soie de porc, Alcool à brûler, Chiffon

La palette de l'artiste

Principales couleurs utilisées :

Couleur « Bleu de cobalt » Bleu de cobalt
Couleur « Vert de cobalt » Vert de cobalt
Couleur « Jaune de nickel titane » Jaune de nickel titane
Couleur « Jaune de cadmium moyen » Jaune de cadmium moyen
Couleur « Carmin » Carmin
Couleur « Ocre rouge » Ocre rouge

Né en 1938 près de la Volga. Étudie à l’Académie des beaux-arts de Moscou. Expose en Europe (Londres, Allemagne, France) depuis 1995. Présent au musée d’art russe contemporain (New York), au musée d’Allard, à Montbrison, et à la galerie Maison des muses (galerie Matthieu Dubuc), à Rueil-Malmaison.

Valérie Auriel

 

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